Monument des Aviateurs

Photo: Cpl Phil Major ABIPP/MOD

Le podcast

Podcast relatant la mission tragique du Avro Lancaster 463 abattu à Chaussy (version française)

Podcast recounting the tragic mission of the Avro Lancaster 463 shot down at Chaussy (english version)

Le podcast proposé ici a été écrit par Alexia Lunel et réalisé par Eric Duval Valachs.
Avec les voix d’Alexia Lunel, Laura Humbert (voix anglaise) et Eric Duval-Valachs.
© Tous droits de reproduction réservés.


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La mission

À l’heure où les places de Chaussy étaient encore rebaptisées par le nom des pires dignitaires allemands, l’armée australienne, entrée en guerre dès 1939, offrait aux forces alliées une participation grandissante dans l’aviation. Au début complémentaires des équipages britanniques, les engagés australiens prirent progressivement une place prépondérante dans les escadrilles de bombardiers lourds formées au sein du Bomber Command. Plus de 20 000 aviateurs australiens ont participé à la libération de la France, et plus de la moitié y a perdu la vie. Ils ont été essentiels le 6 juin 1944 en aidant à pilonner et à neutraliser les défenses côtières allemandes et en sécurisant les plages pour le débarquement des alliés. Et au-delà de cette date, ils ont continué à jouer un rôle vital par un appui aérien rapproché, des bombardements tactiques et une supériorité en nombre au-dessus des champs de bataille.

Le bombardier lourd Avro Lancaster n° 463 a décollé la veille du crash de la base aérienne de la Royal Air Force située à Waddington, dans l’Est de l’Angleterre, aux environs de 18:00, le 24 juillet 1944. Son objectif stratégique était l’aérodrome de Saint-Cyr, qui le 3 mars de la même année, avait déjà fait l’objet d’une attaque de la Royal Air Force. L’avion fut touché à Charmont. Il vint s’écraser à Chaussy, sans toucher le centre-bourg.

Comme tous les Avro Lancaster, il arborait une cocarde cerclée de jaune sur le pourtour extérieur qui enfermait deux cercles plus larges : un premier de couleur bleue et un second situé au centre de couleur rouge, lui-même entouré d’un trait blanc plus fin. Il faut voir les photos des innombrables équipages, composés chacun de 7 hommes affectés à un poste précis, photographiés au pied de leur engin, on voit qu’ils étaient fiers d’appartenir à ces escadrilles et de poser sous cette effigie. C’est pourquoi nous avons désiré la reproduire sur notre stèle en exorde de la citation choisie.

Voici les 7 fonctions qui devaient être remplies : 3 postes de mitrailleurs, un à la pointe avant de l’appareil, un à la pointe arrière, et un situé aux deux tiers de l’avion, derrière les ailes. L’officier pilote et le mécanicien étaient aux avant-postes, le navigateur et l’opérateur radio derrière eux. Soient 5 postes l’un derrière l’autre dans le premier tiers de l’avion, et deux postes de mitrailleurs à l’arrière, dont l’un situé aux deux tiers.

L’équipage

Au sein de notre équipage, trois furent faits prisonniers : le mécanicien, le sergent Oliver Francis Wadsworth, était le seul anglais à bord, l’un des deux mitrailleurs arrière, Edward Burke était âgé de 24 ans et le mitrailleur avant, Edward John Fallon alors âgé de 30 ans. Les prisonniers de guerre, capturés par les forces allemandes, qu’ils soient australiens ou anglais, étaient détenus dans des camps de prisonniers en Allemagne ou dans des territoires occupés par les nazis et ils étaient situés loin du front pour des raisons de sécurité et de logistique. Normalement soumis aux règles et aux conditions imposées par la Convention de Genève, le sort des prisonniers y variait pourtant considérablement. Certains prisonniers ont été traités relativement correctement, alors que d’autres ont souffert de mauvais traitements, de privations, de travail forcé et parfois même ont été victimes d’exécutions sommaires, surtout vers la fin de la guerre lorsque les ressources allemandes étaient épuisées et que les conditions dans les camps se détérioraient.

La plupart des prisonniers australiens ont été rapatriés chez eux, mais certains ont été hospitalisés et ont choisi de rester en Europe un certain temps.

Parmi nos sept aviateurs, deux ont perdu la vie : l’officier pilote, âgé de 27 ans: le lieutenant Donald Charles Gundry et l’opérateur radio: John Vernon Scheldt, âgé de 22 ans. Tous deux sont inhumés au cimetière d’Omerville.

Enfin, deux d’entre eux parvinrent à prendre la fuite : un des deux mitrailleurs arrière, le Sergent-Chef John Barnes Sincock, âgé de 30 ans et le sergent Nevin Michael Davidson, âgé de 22 ans.


En savoir plus :
https://francecrashes39-45.net/page_fiche_av.php?id=1142
https://www.aerosteles.net/stelefr-omerville-lanclm589


Les hommages

Le courage de ces jeunes engagés australiens a fait l’objet de nombre d’hommages de Winston Churchill qui leur vouait une admiration sincère. Dès 1941, il leur exprimait son admiration suite à leurs succès dans divers théâtres d’opérations :

« Le nom de l’Australie est connu et respecté partout. Dans les déserts, sur les sommets, dans les montagnes et sur la mer, vous avez montré votre présence. Votre qualité est apparue dans vos généraux, dans vos soldats, dans vos marins et vos aviateurs, et elle a été couronnée de victoire ».

Churchill entretint des relations étroites avec le premier ministre australien de l’époque: John Kurtin pour coordonner les efforts de guerre et assurer le soutien mutuel entre les deux pays. Mais c’est à un premier ministre australien plus récent que nous avons emprunté la citation que nous avons choisie pour marquer notre déférence à ces hommes courageux, 80 ans après ce drame. Il s’agit de Sir Paul Keating, qui prononça ces mots en 1998, deux ans après la fin de ses 6 ans de mandat, lors de l’inauguration du Mémorial de guerre australien à Villers Bretonneux, à côté d’Amiens:

« Nous pouvons être fiers du courage de ces hommes, de leur détermination, fiers de leur sacrifice. À des milliers de kilomètres de chez eux, loin de leur terre natale, ils ont combattu et sont morts pour une cause qui n’était pas seulement la leur, mais celle de l’humanité. Leur courage transcende le temps, leur sacrifice transcende les générations. Ils incarnent l’esprit même de l’Australie: le courage, la camaraderie, la détermination. Ils sont nos héros et nous les honorons ».

À l’heure où la menace gronde à nouveau, plsu de 80 ans après la fin de cette guerre mondiale, nous devons leur faire une place de choix dans notre mémoire, et dans notre cœur. Oui, ils sont nos héros. Et oui, nous les honorons